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5 astuces pour RATER son diagnostic RPS !

[ATTENTION : cet article comprend une certaine dose de second degré ! Âmes sensibles s’abstenir ...]


Bon, là j’aimerais qu’on arrête tout 2 minutes et qu’on reprenne depuis le début.


On voit depuis un certain temps toute une vague de professionnels qui nous expliquent sur les réseaux sociaux comment optimiser ses démarches QVT, comment prévenir efficacement les RPS, etc.


À chaque fois, ce sont les mêmes conseils qui ressortent : écouter les salariés, détecter l’adéquation entre leurs besoins et leur environnement de travail, proposer des mesures adaptées, … Tout ça, c’est bien gentil, mais le temps c’est de l’argent ! Pourquoi compliquer à outrance une démarche de diagnostic QVT ou RPS alors qu’il existe 5 astuces très simples pour la rater ?


Conseillers QVT/RPS, Managers, Psychologues … ça se passe ici !



1. Impliquez de manière préférentielle les dirigeants et les managers


C’est bien connu, les personnes les mieux placées pour savoir ce qui ne va pas dans une entreprise, ce sont les personnes qui la dirige. Ils ont une vision d’ensemble sur leurs équipes, leurs salariés et les objectifs de l’entreprise. Et puis bon, ils ne sont pas là par hasard : impossible d’être chef sans comprendre l’humain. Donc, au moment de constituer le COPIL pour votre audit, il est impératif de bien vous entourer : dirigeants, cadres dirigeants, voire managers de proximité s’il le faut. De la même façon, quand vous interrogerez les membres de l’entreprise pour mieux comprendre la situation, intéressez-vous tout particulièrement aux personnes haut placées.


Pourcentage de ratage : 98%, à moins d’un miracle, il est compliqué de comprendre le fonctionnement d’une entreprise sans composer un panel représentatif de ses membres ! Ceci induit l’implication d’au moins un représentant pour chaque type de poste présent dans l’organisation.


2. Observez les situations de travail … tout en sachant déjà ce qui ne va pas


Il faut rester réaliste : si les membres d’une entreprise font appel à vous en tant que prestataire ou professionnel pour conduire un audit QVT, c’est parce que vous savez ce que vous faites ! C’est quand même vous l’expert. Vous n’êtes jamais vraiment allé dans cette entreprise, mais vous avez entendu dire que le management y est vraiment problématique. Lorsqu’une fois sur place, vous observez les situations de travail, vous constatez en effet que les managers font vivre un enfer aux salariés. Vous ne voyez que ça, ça crève les yeux. Comme quoi, on vous ne la fait pas à vous !


Pourcentage de ratage : 88%, arriver avec ses présupposés et a priori, c’est la meilleure manière de passer à côté des véritables sources du problème ! Merci le biais de confirmation ...


3. Surtout, ne préparez pas vos entretiens en avance !


Et puis quoi encore ! Un entretien, ça n’a pas besoin de se préparer, ça se vit. Vous savez que vous avez un bon feeling avec les gens de manière générale, et que vous parvenez rapidement à les mettre en confiance. Conduire un entretien n’est pas sorcier, cela demande simplement quelques compétences relationnelles. Et puis de toute façon, si on commence à préparer un entretien, on oriente de base le discours de son interlocuteur, non ? Préparer un entretien constitue vraiment le meilleur exemple du “faire compliqué plutôt que simple”.


Pourcentage de ratage : 85%, la conduite d’entretien demande une préparation qui a pour but de créer un cadre et donc un sentiment de sécurité psychologique. C’est également la meilleure manière de NE PAS orienter le discours de son interlocuteur !


4. Complétez le tout par une enquête quanti élaborée à la va-vite


Avec vos comptes-rendus d’observation et d’entretiens, vous êtes déjà bien avancé ! Il ne vous reste plus que l’enquête quanti à réaliser pour compléter tout ça. Bon, en réalité, cette étape, vous la faites un peu pour faire plaisir au client et appuyer vos propos par des chiffres ! Vous savez déjà très bien ce qu’il se passe … Heureusement, grâce à votre expérience, vous maîtrisez l’art du questionnaire. Vous rédigez à la va-vite une dizaine de questions, centrées autour de ce que vous avez déjà détecté, et zou !


Pourcentage de ratage : 95%, plus encore qu’aux paroles, on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres ! Mal construire son questionnaire, c’est l’assurance d’obtenir des données de mauvaise qualité et de tirer de fausses conclusions.


5. Orientez votre compte-rendu pour faire plaisir à votre client


Bien évidemment, point de bon audit sans compte-rendu final. C’est le moment que vous attendez avec une certaine excitation, mêlée à une pointe d’appréhension. Après tout, c’est le directeur de l’entreprise qui vous a commandé cet audit … Et si les résultats ne lui plaisaient pas ? Qu’à cela ne tienne, vous mettez l’accent sur ces problèmes de management détectés depuis le début et puis tiens, sur un gros manque de volonté des collaborateurs.


Pourcentage de ratage : 100%, sans un retour objectif et concret, aucune possibilité d’amélioration n’est possible.

Voilà ! Vous êtes maintenant parés pour rater en beauté votre diagnostic RPS.


Ou sinon, on peut essayer de faire ça bien qu’en dites-vous ? Qui dit qualité, ne veut pas forcément dire compliqué … Que diriez-vous d’en discuter ? ;)


Prenez soin de vous !

© 2020 Nolwenn Anier & Quentin Victeur. Tous droits réservés.