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5 règles à respecter pour un questionnaire ou un baromètre réussi !

Lors des audits ou diagnostics RPS, il est courant d’utiliser le questionnaire comme outil de mesure. Cet outil comporte en effet de nombreux avantages. Il permet notamment de recueillir l’avis d’un grand nombre de personnes sur des questions spécifiques et d’obtenir des données chiffrées faciles à interpréter. Il est ainsi possible, via cet outil, d’évaluer le niveau général de bien-être, de satisfaction professionnelle, de stress ou encore de charge mentale des salariés d’une entreprise au sein de laquelle vous intervenez.


Cependant, pour que les résultats d’un questionnaire soient fiables, celui-ci doit avant tout être bien construit. Or cette étape cruciale est souvent négligée !



Pour construire son questionnaire de façon efficace, rien de tel que d’utiliser des échelles scientifiquement valide. Celles-ci permettent d’être certain de la fiabilité des données obtenues et des conclusions que l’on peut en tirer. Cependant, nous sommes aussi conscients que ces échelles sont parfois difficiles à trouver et encore plus compliquées à créer, car un protocole strict doit alors être respecté. C’est d’ailleurs pour cela que nous proposons d’accompagner les entreprises à la création de questionnaires qui correspondent aux standards scientifiques :)


Néanmoins, si l’objectif de l’enquête et le traitement qui sera fait des résultats le permettent, il est possible de passer par un processus de création de questions plus simples. C’est par exemple le cas pour une étude de marché ou une petite enquête de satisfaction. Mais attention : qui dit “plus simple” ne dit pas “au hasard” ! La formulation des questions que vous créez est TRÈS importante et doit être travaillée. Une question mal formulée, et c’est tous les résultats de votre enquête qui risquent d’être faussés.


Voici donc 5 types de questions à éviter lorsque vous créez vos enquêtes et questionnaire !


1. Évitez de poser plusieurs questions en une


Évitez : “À quelle fréquence travaillez-vous le week-end et le soir ?”. Il se peut qu’une personne travail le week-end mais pas le soir, ou le soir mais pas le week-end, ce qui rend difficile de répondre à cette question.

Préférez poser deux questions : “À quelle fréquence travaillez-vous le week-end ?” et “À quelle fréquence travaillez-vous le soir ?”.


2. Évitez les questions qui sous-entendent la validité d’un certain fait sans que cela soit préalablement vérifié


Évitez : “Lorsque vous lisez vos mails en dehors des heures de travail, combien de temps mettez-vous pour y répondre ?”. Tout le monde ne regarde pas sa messagerie en dehors des heures de travail, il peut donc être impossible de répondre à cette question pour certaines personnes.

Préférez une nouvelle fois poser deux questions : “À quelle fréquence lisez-vous vos mails en dehors des heures de travail ?” et “Si cela vous arrive, combien de temps mettez-vous pour y répondre ?”.


3. Évitez les questions ne permettant aucune variabilité


Évitez par exemple : “Appréciez-vous toujours les missions que la direction vous propose ? Oui/Non”. Des mots absolus, tels que “toujours” ou “jamais”, contraignent les possibilités de réponse. Le répondant aura ici tendance à répondre par la négative, y compris s’il est heureux de ses missions dans 90% des cas.

Préférez : “À quel point appréciez-vous les missions que la direction vous propose ?”


4. Évitez les questions qui orientent directement la réponse


Évitez, par exemple : “À quel point trouvez-vous vos collègues insupportables ?”. Cette question n’est pas neutre, et part de l’a priori que vous avez une relation négative avec vos collègues, ce qui n’est pas nécessairement le cas.

Préférez : “Comment décririez-vous votre relation avec vos collègues ?”.


5. Évitez le jargon dans vos questions


Évitez par exemple : “À quel point pensez-vous que la direction de votre entreprise s'intéresse aux questions de QVT ?”. Tout le monde ne sait pas forcément que QVT signifie Qualité de Vie au Travail.

Préférez : “À quel point pensez-vous que la direction de votre entreprise s'intéresse aux questions de bien-être professionnel ?”


Par ailleurs, gardez à l’esprit, lorsque vous analysez les réponses, que les répondants se posent souvent des questions sur le commanditaire et l’objectif du questionnaire auquel ils répondent. Si les thématiques que vous abordez sont délicates (racisme, harcèlement, dépression, burnout, …), il est possible qu’ils ne répondent pas de manière honnête, par peur des représailles ou par souci de donner une bonne image d’eux-mêmes. C’est ce que l’on appelle le biais de désirabilité sociale.


Et surtout, gardez en tête qu’un questionnaire qui respecte les astuces mentionnées ci-dessous ne peut malgré tout amener des résultats aussi fiables qu’un outil construit selon un protocole scientifique. Lorsque les enjeux liés à l’enquête sont de taille (audit, diagnostic RPS, évaluation de l’efficacité d’un dispositif QVT …) mieux vaut dans tous les cas faire appel à des professionnels de l’évaluation !


À très bientôt,

Nolwenn & Quentin

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