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Comment recueillir les données stratégiques dont j’ai besoin ?

Dernière mise à jour : 24 janv.

Que ce soit pour mener à bien un projet, prendre une décision stratégique ou résoudre un problème, nous sommes fréquemment amenés à faire des choix. Les domaines concernés et les questions qui en découlent peuvent être très différents, mais chacune de ces situations nécessite une réponse construite à partir des données. Baser ses réalisations et ses décisions sur la donnée permet d’être le plus rationnel possible dans ses choix. Cela est d’autant plus vrai que les données en question sont riches, ciblées et pertinentes.


Pourquoi bien choisir sa méthode de recueil de données ?


Les objectifs d’un recueil de données peuvent être très différents (diagnostic d’une situation, recherche de solutions à un problème, à un projet, mesure de l’atteinte de résultats ou de l’impact d’une intervention …). Mais la stratégie à déployer doit systématiquement inclure une réflexion approfondie concernant la méthodologie à utiliser. Il existe en effet plusieurs méthodologies en sciences comportementales de recueil de données, ayant chacune ses particularités, ses avantages et ses inconvénients.


Pour déterminer quelle méthode est la plus adaptée à votre problématique, nous vous conseillons de vous poser plusieurs questions clés. De la réponse à ces questions dépendra la stratégie de recueil de données qui sera préférentiellement mise en place. D’ailleurs, pour vous aider dans ce choix, nous vous présentons, à la suite de ces questions, les 4 principales méthodes de recueil de données.


Parmi les questions à se poser figurent :

  • Quel est mon objectif ? Qu’est-ce que je cherche à montrer ?

  • Quel niveau de précision dans les réponses est nécessaire ? Faut-il dégager des tendances ou bien faire preuve d’objectivité en donnant une représentation impartiale ?

  • Quelles sont les ressources financières, humaines et temporelles dont je dispose ?

  • Quelles sont les contraintes liées à la population cible et au milieu ? (disponibilité, maîtrise de l’outil informatique, nécessité de préserver l’anonymat …)

  • Quelle utilisation sera faite des données recueillies ?


Vous avez répondu à ces questions ? Voici maintenant le moment de choisir la méthode de recueil de données la plus adaptée ;)


Les principales méthodes de recueil de données en sciences comportementales


L’observation


Le principe de base de l’observation est … d’observer simplement ce que les gens font et ce qu’ils disent dans une situation donnée. Cette technique implique, pour la personne chargée du diagnostic, de se focaliser sur le comportement d’une personne, plutôt que sur ses déclarations.


L’observation peut être

  • participante ou non participante, selon que l’observateur soit partie prenante ou non de la situation

  • structurée (grâce à une grille d’observation) ou non structurée (pas de schéma d’observation)


Pourquoi l’utiliser ?

L’observation permet de recueillir une information de première main, non biaisée par la subjectivité des différents acteurs de la situation concernée. Elle révèle ainsi des pratiques “non officielles” ou des rapports entre individus qui sont occultés dans les discussions.


Points de vigilance

Le comportement des personnes observées sera forcément influencé par la présence et/ou par la participation de l’observateur. L’observation participante doit donc, en priorité, être réalisée par des personnes qui ne sont pas, en temps habituel, impliquées dans la situation observée. De même, l’observateur perçoit la situation à travers son propre prisme. Les informations recueillies ne peuvent donc se départir d’une certaine subjectivité.


Les données recueillies

Les données recueillies dépendent du type d’observation. Concernant l’observation structurée, l’utilisation d’une grille d’observation va permettre d’obtenir des informations qui se rapprochent de données chiffrées quantitatives. Pour l’observation non structurée, la donnée recueillie prendra la forme d’un rapport narratif du comportement observé.


L’entretien collectif


L’entretien collectif consiste à interroger simultanément plusieurs personnes afin de recueillir des informations sur un objet défini à l’avance. Ce type d’entretien se révèle souvent très utile pour étudier les fonctionnements des groupes, les interactions entre les acteurs et les dynamiques de groupe. Il permet aussi l’élaboration collective autour d’un sujet.


La présence d’un animateur et d’un observateur neutre est généralement recommandée pour un déroulement optimal.


Pourquoi l’utiliser ?

L'entretien collectif permet d'accéder à des informations précieuses sur les dynamiques de groupe. Au niveau du sujet étudié, l’entretien collectif amène à explorer et à stimuler différents points de vue par la discussion. Chaque participant défend ses priorités, ses préférences, ses valeurs (aspects socioculturels, normes de groupe) et son vécu. Les informations recueillies sont donc plus riches et représentatives.


Points de vigilance

Les limites de l’entretien collectif résultent principalement des aspects « bloquants » de la discussion de groupe, et notamment de la timidité ou de la réticence à exprimer des idées personnelles en public (d’autant plus si on aborde des sujets délicats). Le rôle du modérateur est néanmoins de faciliter l’expression de toutes les opinions.


Les données recueillies

Avant l’entretien collectif, rédiger un guide d’entretien semi-structuré permet de définir les informations à recueillir. Les données recueillies seront qualitatives, composées de verbatims et d’idées émises par les participants. Une analyse qualitative par occurrence peut alors être réalisée.


L’entretien individuel


L’entretien individuel est une méthode de recueil de l’information reposant sur une situation de face-à-face entre un interviewer et un interviewé. La posture de l’interviewer doit suivre les principes de l’écoute active, afin de créer un climat propice à l’expression de l’interviewé et de l’aider à faire émerger son ressenti et ses questions.


Ce mode d’interrogation permet d’avoir accès aux ressentis émotionnels, aux perceptions individuelles ou encore à des récits d’expérience. Il est fortement recommandé de construire au préalable un guide d’entretien, plus ou moins détaillé selon la méthode utilisée (entretien non directif, semi-directif, directif).


Pourquoi l’utiliser ?

L’entretien individuel permet d’avoir accès au vécu émotionnel et aux représentations que se font les personnes interrogées de la situation. Ainsi, ce type de recueil d’information amène à une compréhension en profondeur, et ancrée dans le terrain, du phénomène étudié.


La comparaison de plusieurs entretiens individuels permet également d’accéder à une vision d’ensemble des problématiques en jeu dans une situation donnée.


Points de vigilance

L’entretien individuel donne accès à une représentation subjective d’une situation, vue au travers du prisme de l’interviewé. Il est donc important de croiser les points de vue et de garder en tête la nature subjective des informations recueillies.


De plus, l’entretien individuel n’est pas un exercice facile pour l’interviewé, qui peut être intimidé ou avoir du mal à se livrer. L’interviewer est alors garant de la confidentialité des échanges et de la neutralité conférée par sa position.


Les données recueillies

L’utilisation d’un guide d’entretien très détaillé génère des informations proches de données chiffrées.


La plupart du temps, l’entretien individuel aboutit cependant à une prise de note, et donc à des données qualitatives. Comme pour l’entretien collectif, l’analyse de ces données devra donc être basée sur une catégorisation des idées évoquées et sur un comptage de la fréquence d'occurrence de ces catégories.


Le questionnaire


L’enquête par questionnaire est une méthode de recueil d’informations méthodique et quantitative. Elle consiste à diffuser une série de questions auxquelles les personnes interrogées répondent le plus souvent par écrit, de manière anonyme et/ou confidentielle. Le questionnaire est ancré dans un contexte théorique et méthodologique rigoureux qui permet une analyse approfondie des données recueillies.


Pourquoi l’utiliser ?

Le questionnaire est très souvent utilisé pour la simplicité de sa mise en œuvre (en comparaison à un recueil de données qualitatif). Ainsi, le recueil de données quantitatives permet des comparaisons fiables entre plusieurs situations ou avec une situation de référence.


Enfin, le questionnaire permet de garantir des conditions de passation qui, contrairement aux entretiens, vont limiter le risque de biais lié à la présence d’autrui durant la collecte de données.


Points de vigilance

Si le questionnaire permet de recueillir beaucoup de données, la nature même de l’outil rend difficile l’accès au sens, au contexte ou encore à des précisions relatives aux situations étudiées. Il est également impossible de contrôler le sérieux des répondants lors des passations. Il arrive fréquemment que certains répondants lisent mal les consignes et questions, ce qui fausse les résultats.


Les données recueillies

Le questionnaire donne accès à des données chiffrées et permet une analyse dite quantitative de l’information. Lorsqu’un questionnaire comprend une ou plusieurs échelles de mesure scientifiquement valides, il est possible de calculer des scores correspondant à la variable mesurée par l’échelle.


Vous êtes arrivés jusqu’ici ? Alors à vos stylos ! En répondant aux questions proposées et en comparant les différentes méthodes présentées, nul doute que vous parviendrez à mettre en place un recueil de données de qualité !


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