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Comment savoir si une information est fiable ? 5 réflexes à adopter

Bienvenue à l’époque de l’infobésité ! Une époque où toutes les informations que l’on peut chercher (ou presque) sont disponibles en ligne, gratuitement. Fort utile au quotidien, cette médaille a cependant son revers : ​​le flux intense d’informations auquel nous sommes soumis nous impose une certaine prudence dans leur traitement. Difficile de s’y retrouver compte tenu de la quantité d’informations disponibles sur Internet et de la rapidité avec laquelle elles abondent ! Or certaines circonstances exigent que l’on s’attache à la qualité des informations recueillies.


Voici quelques réflexes à adopter pour entraîner son esprit critique !

1. Préférer les contenus qui citent leurs sources


Premier réflexe et non des moindres ! Préférer les contenus qui citent leurs sources pourra paraître évident aux yeux du lecteur aguerri. Ce n’est néanmoins pas si facile à mettre en place au quotidien. Nombreux sont les contenus sur Internet qui avancent des vérités présentées comme indiscutables (à grands coups d’affirmations choc ou de chiffres spectaculaires) sans jamais évoquer la source de ces informations. Ce qui ne veut pas dire que ces sources n’existent pas ! Mais en l’absence d’indices à leur sujet, difficile de statuer sur la solidité du propos avancé.


En cas de doute, on conseille toujours, chez PSEEKO, de copier une phrase qui résume l’information que l’on cherche à vérifier et de la coller dans un moteur de recherche. Cela permet parfois de trouver la source initiale de l’information (surtout quand il s’agit de résultats d’enquêtes ou de sondages). Cela permet également d’identifier les contenus “copiés/collés” de site en site qui ne se fondent bien souvent sur aucune source solide.


2. Considérer les sondages avec précautions


Les sondages, il faut l’avouer, c’est pratique. Les résultats qu’ils génèrent, souvent sous forme de pourcentage, permettent de donner une vision simple, accrocheuse et facilement compréhensible de la réalité. C’est tellement pratique qu’on en voit aujourd’hui à longueur de temps. Qu’il s’agisse des élections, de l’état de santé des Français ou de leur opinion sur la cuisson des pâtes (al dente voyons !), pas un seul jour ne se passe sans qu’on ne soit confronté à des résultats de sondage. Attention toutefois à prendre ces résultats avec des pincettes.


Si on met de côté les sondages aux méthodes plus que questionnables (les “questions du jour” sur les réseaux dont les réponses ne sont absolument pas contrôlées par exemple), il est bon de se rappeler que le sondage représente une photographie à un instant T de l’opinion d’un échantillon limité de la population. Jamais un sondage n’aura permis d’interroger tous les Français ou tous les actifs. Or vous ne verrez jamais dans les médias un titre du type “71% des 1500 personnes interrogées en région parisienne entre le 15 juillet et le 13 août 2020 (donc à une période particulière de sortie de confinement) pensent que …”, et pour cause !


De même, il est impossible d’assurer que l’échantillon de personnes interrogées permet bien de représenter fidèlement la population étudiée. Dès lors, comment savoir si une variation de 2% ou 3% d’une année sur l’autre résulte d’une véritable évolution ou bien de la marge d’erreur que comprend toute mesure ? La plus grande prudence est donc de mise !


3. Se méfier des expériences personnelles et paroles d’expert


Il est très fréquent, quand on recherche une information, de tomber sur des contenus qui mettent en avant des témoignages comme preuve d’un état de fait. Encore un autre type d’information que nous devons traiter avec la plus grande prudence : les contenus qui font état d’une expérience personnelle - parfois nommé le “sur moi ça fonctionne très bien!” D’un point de vue scientifique, rien n’est plus sujet à caution qu’une information isolée ! Et pour cause : une expérience personnelle est toujours subjective, car liée au vécu, aux biais, aux jugements de la personne concernée. Qu’on se le dise : même la personne la plus avertie quant aux biais de jugement ne peut empêcher leur influence !


Au-delà des témoignages, les paroles d’experts sont également légion dans les médias. Des experts pour qui le statut inspire une certaine confiance, mais dont les paroles doivent également faire l’objet de questionnement. Il est notamment recommandé de s’interroger sur la légitimité d’un expert, et ce, d’autant plus si celui-ci n’accompagne pas ses propos de sources solides. Faire confiance oui, mais jusqu’à un certain point …


Dans tous les cas, sachez qu’une information sera toujours plus fiable si elle est accompagnée d’une référence qu’il est possible de consulter et vérifier !


4. Reconnaître les différents niveaux de preuve


Un point qui rejoint directement celui d’avant : toutes les preuves ne se valent pas. L’expérience personnelle ou la parole d’un expert ne sont par exemple pas considérées comme des preuves factuelles, et disposent donc d’un niveau de fiabilité très bas. On va plutôt parler de preuve lorsque les données récoltées sont obtenues au travers de la méthode scientifique. Cette méthode permet en effet de s’assurer de la fiabilité des informations obtenues en répondant à des exigences strictes, permettant de limiter au maximum les biais (c’est d'ailleurs l’utilisation de cette méthode qui permet de définir une discipline comme scientifique, comme peut l’être la psychologie). Cependant, comme rien n’est simple, sachez qu’il existe au sein même de la science différents niveaux de preuves.


Le plus haut niveau étant le consensus scientifique, c’est-à-dire lorsque l’ensemble (ou tout du moins la quasi-totalité) de la communauté scientifique est d’accord avec le propos énoncé. Le Graal des Graal en somme, mais pas forcément le plus simple à observer. L’autre niveau très élevé de preuve concerne la méta-analyse scientifique, qui est une sorte de synthèse théorique et statistique des études scientifiques existantes sur un sujet précis. Si vous voulez vraiment vous assurer de la fiabilité d’une information, vous savez ce qu’il vous reste à chercher ;)

Pour une illustration plus détaillée, nous vous conseillons d'aller consulter ce lien !


5. Croiser les sources … et chercher à se contredire


Lorsqu’il s’agit de vérifier la fiabilité d’une information, vous avez sans doute déjà entendu parler de l’intérêt de croiser les sources. Même une source en apparence sérieuse (mettons un article scientifique) peut en réalité contenir des informations qui ne sont pas fiables, ou se baser sur des informations publiées dans d’autres articles qui ne sont pas fiables. Dépasser le sérieux apparent et rechercher l’avis d’une communauté d’experts est alors essentiel. Mais attention à ne pas tomber dans le biais de confirmation. Lorsque l’on questionne une information, le réflexe est de chercher à la confirmer via d’autres sources. Pourtant, c’est en cherchant à infirmer une information qu’on testera le plus efficacement sa solidité ! Prenons un exemple : j’ai trouvé un article m’expliquant que la Terre est plate, et je souhaite vérifier la solidité de cette information. Si je cherche sur Internet d’autres articles indiquant que la Terre est plate, nul doute que j’en trouverai. C’est plutôt en cherchant des articles qui pourraient indiquer que la Terre n’est pas plate que j’ai une chance de vérifier mon information de base.


En résumé, la quantité d’informations disponibles sur Internet rend compliqué la vérification de la solidité d’un fait ou d’une source. Certains réflexes, tels que croiser les sources, questionner la légitimité d’une personne ou chercher à contredire une information, sont très utiles et faciles à appliquer au quotidien. Lorsque l’on a besoin d’un niveau de certitude maximal (pour sécuriser des décisions stratégiques par exemple), il est cependant recommandé de s’attaquer à la littérature scientifique … ou bien de laisser des chercheurs le faire pour vous :)


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