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Flex or not flex ? Le flex office est-il synonyme de qualité de vie au travail

Mis à jour : août 4

La fin de l’année 2019 a été l’occasion de faire le point sur l’évolution des pratiques professionnelles et des méthodes de travail. En ce qui concerne le travail de bureau, l’un des chiffres qui a le plus fait parler de lui a été avancé par Parella-Esquisse.


Parmi les entreprises concernées par le flex office (ces espaces de travail “sans bureau attribué”), 61% déclaraient vouloir s’y convertir en 2017, mais seules 23% l’ont effectivement mis en place à la fin de l’année 2019.


Parmi les principaux facteurs pouvant expliquer ce constat, les entreprises évoquent

le manque de préparation ou d’adaptation à ce changement, la complexité de la mise en place de ce dispositif, mais aussi une forte résistance des salariés.


Les deux premiers facteurs relèvent de problématiques purement organisationnelles. Le troisième, en revanche, est en partie basé sur un phénomène étudié depuis plus de 20 ans par les chercheurs en psychologie : le besoin d’ancrage spatial des individus. Autrement dit, le fait que les individus aient besoin de repères fixes au niveau spatial et géographique.


Pourquoi ce besoin ? Parce que les repères spatiaux contribuent à nous définir, à la fois en tant qu’individu et en tant que membre de différents groupes (amis, collègues, famille, entreprise …). Selon le chercheur Guy Di Méo, professeur à l’université de Bordeaux, la sensation d’appartenir à un groupe est en effet liée à l’appropriation de l’espace qui est associé au groupe.


Appliqué à la sphère professionnelle, l’ancrage spatial des salariés serait lié à ce qu’on appelle l’identité professionnelle.


La notion d’identité désigne la manière dont un individu se définit lui-même, ainsi que la façon dont les autres individus le définissent. Parmi les environnements qui délimitent l’identité d’une personne, on trouve ses amis, sa famille mais aussi son environnement professionnel.


L’identité professionnelle est basée sur l’intitulé du poste, la fiche de poste, le salaire, les responsabilités mais aussi le contexte de travail. En d’autres termes, pour qu’un individu puisse se sentir appartenir à une équipe de travail ou à une entreprise, il est essentiel qu’il puisse s’approprier une partie de l’espace de travail. Sans appropriation possible, pas (ou peu) de sentiment d’appartenance.


Une des principales critiques faite au flex office est d’ailleurs la dépersonnalisation de l’espace de travail !


Or, les travaux de psychologie montrent que le besoin d’appartenance (c’est-à-dire le besoin de se sentir membre d’un groupe) est fondamental pour tous les êtres humains et devrait être comblé au moins partiellement par le travail. C’est seulement lorsque l’entreprise satisfait ce besoin d’appartenance que peut apparaître une motivation “autonome” (c’est-à-dire une motivation qui n'est pas dirigée vers la recherche de récompenses matérielles mais qui provient d’un réel intérêt de l’individu) et donc une performance et un engagement optimaux.


Paradoxalement, ce type de dispositif est généralement mis en place avec pour objectif de créer chez le salarié un sentiment de liberté et de reconnaissance et donc d’augmenter motivation et engagement. La mise en place du flex office s’accompagne également très souvent d’une généralisation du télétravail partiel, qui peut comporter de nombreux avantages pour les entreprises.


Alors le flex-office, bonne ou mauvaise idée ?


Il n’existe pas de réponse unique à cette question ! Je suis convaincue que tous les aménagements d’espaces de travail peuvent être positifs à partir du moment où ils proviennent d’un besoin réel des salariés et à condition que ces derniers soient impliqués dans toutes les étapes du changement !


Le déploiement du flex office doit également s’accompagner d’efforts considérables pour maintenir le sentiment d’appartenance des salariés : organisation d’événements, de réunions, création de liens via les outils numériques, élaboration de règles communes …


Et vous, que pensez-vous du flex office ?

© 2020 Nolwenn Anier & Quentin Victeur. Tous droits réservés.