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Le travailleur engagé n'existe pas !

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que la notion d’engagement au travail a tendance à être surévaluée dernièrement. L'engagement constitue une fin souhaitable pour toute personne engagée dans un contrat salarié, bien sûr. Cependant, l’idée selon laquelle il existerait une recette miracle de l’engagement me laisse dubitative.


Et si on partait plutôt du principe qu’on ne peut PAS forcer l’engagement ?



Le mythe du travailleur engagé


On ne voit que lui, partout. Celui qui ne compte pas ses heures, qui ferait n’importe quoi pour sa boîte, qui déborde d’enthousiasme et qui entraîne l’ensemble de son équipe. Qui ? Je veux bien sûr parler du travailleur engagé ! Mais si l’engagement semble si rare et si recherché, n’est-ce pas parce que le problème est pris par le mauvais bout ?


Ce qui est assez étonnant dans cette conception du travail, c’est d’imaginer l’engagement comme un trait de personnalité : “pour ce job, nous recherchons une personne engagée !” Mais qu’est-ce qu’une personne engagée ? Vous en connaissez, vous, des personnes continuellement motivées, enthousiastes, qui n’ont jamais de coup de mou ou de jour “sans” ? Soyons honnêtes, ces personnes ne courent pas les rues et inspirent davantage l’inquiétude que l’envie.


Considérer qu’une personne peut être ou ne pas être engagée, c’est oublier que l’engagement résulte, à la base, d’une adéquation entre une personne et son environnement. En d’autres termes, rechercher “une personne engagée” n’a pas plus de sens que rechercher une personne fatiguée ou affamée. Imposer l’engagement aux salariés peut se solder, au mieux, par un échec. Au pire, par des comportements de dissonance émotionnelle particulièrement nocifs pour la santé..


Considérer qu’une personne peut être ou ne pas être engagée, c’est oublier que l’engagement résulte, à la base, d’une adéquation entre une personne et son environnement.

L’engagement d’un salarié n’est pas un état stable mais va entre autres reposer sur les conditions de travail dans lesquelles il évolue.


Encore que ...


Qui veut le collectif écoute l’individu


Là encore, il n’existe pas de conditions de travail qui parviennent à créer un engagement systématique. Chaque salarié a ses propres attentes, ses propres envies et ses propres aspirations. Difficile d’imaginer un environnement de travail qui puisse satisfaire l’ensemble de ces demandes.


Je pense donc que l’entreprise a une responsabilité : créer les conditions favorables pour maximiser non pas l'engagement, mais la probabilité d’engager les salariés. Permettre aux salariés d’exprimer leurs aspirations sans jugement. Faire en sorte d’adapter au maximum les postes de travail aux individus qui les occupent. Répondre aux besoins fondamentaux décrits par les psychologues. Créer un climat de sécurité psychologique et de respect des différences. 


L’entreprise a une responsabilité : créer les conditions favorables pour maximiser non pas l'engagement, mais la probabilité d’engager les salariés.

Et surtout, ne pas considérer l’engagement comme une obligation. Être engagé ne signifie pas être productif. En revanche, forcer l’engagement, c’est renoncer à toute productivité !


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