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Les sciences comportementales : votre allié en période de changements !

Ce n’est plus un scoop : le monde du travail se transforme. D’une année sur l’autre (voire même plus fréquemment), nous rencontrons de nouvelles exigences, de nouvelles façons de travailler et de nouvelles formes de sollicitations. Néanmoins, et pour citer Marie Lacroix (chercheuse en neurosciences) “notre cerveau, lui, n’a pas changé”. Quelles que soient les nouveautés auxquelles notre cerveau est confronté, il réagit avec les mêmes mécanismes et selon les mêmes règles. Plus que jamais, il est fondamental de trouver de nouvelles stratégies pour s’adapter à ces évolutions tout en respectant, voire en s’appuyant sur les facultés du cerveau humain.


Et pour cela, les sciences comportementales sont un atout de taille !


Comprendre le fonctionnement humain en période de changement

Contrairement à une idée reçue souvent véhiculée, les sciences comportementales ne sont pas faites que de belles théories. Elles permettent également d’envisager des pistes d’actions concrètes pour guider les actifs à travers l’instabilité qui caractérise nos sociétés. Pourquoi ? Parce qu’elles nous donnent à comprendre comment le cerveau humain réagit et s’adapte en cas de changements. De quoi a-t-il besoin ? Quelles sont les conditions optimales à son adaptation ? Les sciences comportementales apportent des éléments fondamentaux pour fournir aux salariés un terreau fertile à leur épanouissement.


Un exemple ? Les travaux de sciences comportementales mettent en avant l’aspect contre-productif du travail multitâche. Eh oui, même si certain.e.s d’entre-vous pensent être productifs en travaillant sur différents projets en même temps, il se trouve que notre cerveau dispose d’une quantité limitée de ressources. Multiplier les tâches revient donc à augmenter le risque d’erreur et la sensation de fatigue, et diminue également la productivité. Bien que ces difficultés sont depuis longtemps connues, les psychologues savent également qu’être sur tous les fronts est valorisé dans certains domaines d’activité. Plus qu’inciter les salariés à prendre des temps de concentration ou à éteindre leurs notifications, il s’agira donc de faire en sorte que la déconnexion devienne bien vue au sein de l’organisation.


Et ça, les chercheurs en psychologie savent le faire ;)


Sur quels contextes les sciences comportementales peuvent-elles être utiles ?

Les transformations des modes de travail sont nombreuses. Même lorsqu’un changement est perçu comme minime par les personnes qui le pilotent, il peut être perçu comme radical par des personnes ayant une vision et un vécu différents. Il est donc important d’adopter une stratégie d’accompagnement préventive dès lors qu’une évolution se profile (et même lorsque celle-ci sous-tend des effets bénéfiques pour l’équipe - un changement reste un changement !). C’est par exemple le cas :

  • lors de l'introduction de nouveaux outils numériques : quelle stratégie adopter pour qu’un nouvel outil soit accepté rapidement ? quels outils facilitent ou au contraire entravent la performance ? quelles sont les bonnes pratiques à mettre en place avec le numérique ?

  • lors de surcharge mentale et de sentiment d’urgence permanent : quelles sont les caractéristiques de l’organisation du travail qui permettent d’alléger la charge mentale ? quels sont les outils individuels à utiliser ? quelles sont les méthodes pour récupérer des ressources cognitives ?

  • lors de réflexion sur les pratiques managériales : quelles sont les attitudes bloquantes/facilitantes pour un manager ? comment créer une belle cohésion d’équipe ? quelles sont les compétences essentielles pour un manager aujourd’hui ? comment un manager peut-il se protéger de l’épuisement ?

Autant de questions qui sont aujourd’hui au cœur des démarches d’amélioration des conditions de travail. Autant de réponses que peuvent apporter les sciences comportementales !


Adopter une posture d’expérimentateur

Mais la science n’apporte pas que des connaissances ! Elle apporte aussi des méthodes. Et l’une d’entre elles est particulièrement adaptée au pilotage des transformations : le fameux “Test & Learn”. Si l’anglicisme rend la pratique sexy, les chercheurs connaissent depuis de très nombreuses années ce principe qui consiste à toujours tester ses hypothèses et s’ajuster aux résultats obtenus. Concrètement, cela donne l’idée suivante : une action ne sera jamais parfaitement adaptée à une équipe du premier coup. Chaque équipe est différente et possède des particularités auxquelles il est nécessaire de s’ajuster. Mais est-ce que ne pas réussir du premier coup doit empêcher d’agir ? Certainement pas ! À la manière d’un chercheur, on teste et on apprend ! D’ailleurs, ce processus est ancré en nous depuis l’enfance : c’est ce qui nous permet d’apprendre de nouvelles choses (la marche à pied, le vélo, la conduite, jouer d’un instrument de musique…). Il serait donc bien dommage de s’arrêter au premier échec.


Et il est également essentiel d'interroger les premiers concernés ! Consulter les salariés et identifier leurs besoins grâce à des méthodologies d’enquête fiables, permet de comprendre la réalité des différents postes de travail dans une entreprise. Cela permet également d’évaluer les actions mises en place et de les ajuster régulièrement aux nouvelles exigences auxquelles font face les salariés.


Alors qui a dit que les sciences comportementales n’avaient rien à faire dans les organisations ?


Vous avez des questions ? Nous pouvons vous aider ! N’hésitez pas à nous contacter.




Sources

Rosen, L. D., Carrier, L. M., & Cheever, N. A. (2013). Facebook and texting made me do it: Media-induced task-switching while studying. Computers in Human Behavior, 29(3), 948-958.


Kahneman, D. (1973). Attention and effort (pp. 218-226). Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall.


Blumberg, E. J., Foroughi, C. K., Scheldrup, M. R., Peterson, M. S., Boehm-Davis, D. A., & Parasuraman, R. (2015). Reducing the disruptive effects of interruptions with noninvasive brain stimulation. Human Factors, 57(6), 1051-1062.