Mettre en place une démarche de prévention des risques professionnels : mode d'emploi

Avec la crise du coronavirus, de nombreuses entreprises ont pris conscience de l’importance du rôle de la prévention des risques professionnels. Essentielle au maintien de l’activité, cette démarche est avant tout un moyen de protéger les collaborateurs et de garantir leur bien-être au quotidien.

Qu’est-ce qu’une campagne de prévention des risques professionnels ? Comment s’assurer qu’elle sera efficace ? Vous le découvrirez dans cet article !



La prévention des risques en entreprise, une démarche polycentrique


Tout employeur a l’obligation de prendre les mesures pour assurer la sécurité de ses collaborateurs, et de protéger leur santé physique et mentale. La prévention des risques professionnels s’inscrit pleinement dans cette démarche. Elle consiste en effet à mettre en œuvre un ensemble de mesures pour garantir la sécurité des travailleurs, préserver leur santé physique, morale et améliorer leurs conditions de travail.


Les enjeux d’une démarche de prévention des risques sont multiples :

  1. Un enjeu de santé : le principal enjeu est de préserver la santé des salariés, grâce à des conditions de travail moins stressantes, pénibles ou contraignantes.

  2. Un enjeu sociétal : la prévention des risques permet d’améliorer la Qualité de Vie au Travail (QVT), de développer les compétences des équipes et d’améliorer le climat social d’une entreprise.

  3. Un enjeu juridique : une telle campagne permet d’assurer le respect de la réglementation, des obligations de sécurité et d’éviter les contentieux.

  4. Un enjeu économique : réduction du turnover, limitation des coûts, amélioration de l’image et de la marque employeur … la prévention des risques est loin d’être incompatible avec la notion de gain financier !


Au vu de ces enjeux, on comprend aisément que l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise est à la fois concerné et indispensable à la prévention des risques. Pour qu’une telle démarche soit efficace, il est donc nécessaire d’impliquer tous les acteurs de l’entreprise et ce, de l’identification des situations à risque jusqu’à la prise de décisions.


Les principes généraux et le déroulé d'une démarche préventive


Le but premier d’une démarche de prévention est d’identifier les risques qui peuvent être évités. En d’autres termes, l’entreprise doit privilégier l’utilisation de procédés et produits le moins dangereux possibles. Le second objectif d’une démarche de prévention est l’évaluation des risques ne pouvant être évités. Cela implique d’identifier leur nature et d’estimer leur importance pour déterminer les actions appropriées à mettre en place pour les pallier.


Mener une campagne de prévention des risques professionnels suppose ainsi de combattre au maximum les risques à leur source. Après avoir procédé au repérage de ces risques avec l’ensemble des acteurs, l’entreprise doit opter pour les machines, modes opératoires et lieux de travail les plus sûrs possibles. Cette démarche implique également une adaptation du travail à l’Homme, c’est-à-dire mettre en place des conditions de travail sur-mesure pour les individus et les postes qui composent l’organisation. La mise en place des actions identifiées comme pertinentes doit ensuite être surveillée par l’entreprise, qui s’assurera de leur bon fonctionnement et de leur adéquation avec les besoins des salariés.


Pour garantir l’efficacité d’une telle démarche, la clé réside dans la planification ! La toute première action de l’entreprise doit ainsi être d’établir avec précision les différentes phases qui vont s’enchaîner. Ces phases incluent (de façon non exhaustive) :

  • la constitution d’un comité de pilotage représentatif des acteurs de l’entreprise

  • l’identification des risques

  • des phases d’observation des situations de travail

  • la définition des actions à mener

  • la construction d’un plan d’action et de suivi.


Dès lors que les actions à mener sont identifiées, il est nécessaire de constituer un plan d’accompagnement du changement. Celui-ci doit inclure les modalités de la nouvelle organisation du travail, de l’adaptation des conditions de travail, de la formation des équipes, de la communication et de l’information des collaborateurs quant aux risques qu’ils encourent sur le lieu de travail.


La prise en charge et la compréhension des accidents du travail


Si la démarche de prévention des risques se concentre (comme son nom l’indique) sur la prévention, elle doit également inclure une procédure à mettre en place lorsque le risque se concrétise. L’accident du travail est défini comme un fait qui survient dans le cadre de l’activité d’un salarié (à l’occasion ou par le fait du travail) et qui entraîne une lésion immédiate ou différée. Cette définition inclut les accidents du trajet (événements survenus lors du trajet entre le domicile d’un individu et son entreprise), les incidents (dommages matériels sans séquelles corporelles), les presqu’accidents (accidents corporels évités de justesse) et les accidents bénins (dommages corporels légers). De nombreux salariés sont donc malheureusement concernés par ces accidents au moins une fois au cours de leur carrière !


Lorsqu’un accident du travail se produit, il est nécessaire de l’analyser pour bien comprendre comment il s’est produit et en déterminer toutes les raisons. Pour cela, il est nécessaire

  • d’examiner les circonstances de l’accident de façon méthodique

  • de recueillir tous les témoignages possibles dans les plus brefs délais

  • de distinguer ce qui relève des faits et ce qui relève des suppositions ou des approximations.


L’objectif de cette enquête est avant tout d’analyser les facteurs de risque qui ont dégradé la situation de travail et de proposer des mesures de prévention pour éviter que celle-ci ne se reproduise. Pour cela, il peut être utile d’utiliser la méthode de l’arbre des causes. Celle-ci consiste à remonter le plus loin possible dans la définition des causes de l’accident pour en retrouver le point d’origine. Elle doit être réalisée avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de relier les faits, d’analyser leur enchaînement et de reconstituer le scénario de l’accident.


Une fois le plan d’action mis en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, il est indispensable d’inscrire les résultats de l’évaluation de risques dans le document unique (ou DUERP) qui doit être mise à jour régulièrement par l’entreprise.


En résumé, la mise en place d’une démarche de prévention des risques psychosociaux requiert à la fois une suppression des risques évitables et une atténuation des conséquences liées aux risques inhérents aux métiers et aux contextes particuliers. Une démarche complexe qui doit mobiliser l’ensemble des acteurs de l’entreprise autour de démarches rigoureuses et méthodiques.


Références


1. Anier, N., Brière, M., Corvisier, A., Chignard, A., Collin-Vacher, J., Laffineur, J., Michel, A., Pitzalis, E., Remmer, C., Tarhouny, N., & Victeur, Q. (2021). RPS et QVT : le pas à pas d’une démarche à succès. Annecy : Éditions Tissot.


2. Article L 4121 du Code du travail


3. Institut National de Recherche et de Sécurité, www.inrs.fr/demarche.html

139 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout