Outils RH : arnaque à la validation scientifique

Lorsque l'on souhaite mettre en place une politique de gestion des ressources humaines efficace, garante d’une performance élevée et d’un bien-être professionnel satisfaisant, il est difficile aujourd’hui de faire l’impasse sur les outils d’assessment. Ces outils d’évaluation, qui permettent d’identifier les compétences hard ou soft chez les salariés, mais aussi les inquiétudes, le bien-être ou encore la motivation, sont aujourd’hui devenus des incontournables, à tel point que l’offre en la matière ne cesse d’augmenter.


Difficile alors de faire son choix entre tous les outils existants lorsque l'on est professionnel des RH ou responsable de la gestion de carrière. Difficile également de se démarquer lorsque l'on propose une solution d’assessment à l’usage des entreprises.


Pour s’en sortir, un seul mot d’ordre : la fiabilité !




La fiabilité au coeur des attentes des entreprises


Savez-vous quel est aujourd’hui le premier critère de sélection d’un outil d’assessment pour les entreprises ? (Vous me voyez venir ?)


La validité scientifique !


En 2016, 51% des entreprises mentionnaient comme critère déterminant dans le choix de leur outil d’évaluation la disponibilité des données d’étude de l’outil. En d’autres termes, la preuve de sa validité.


Pour le dire plus clairement : un outil qui a fait l’objet d’une procédure de validation scientifique aura beaucoup plus de chance d’être déployé dans une entreprise. Les outils qui ont une base scientifique solide avec des preuves de validité et de fiabilité, qui fournissent des résultats clairs sont aujourd’hui les plus recherchés et les plus déployés par les entreprises. Ce constat n’a pas évolué depuis les 6 dernières années. Et l’importance attachée à chacun de ces aspects augmente.


Pourquoi ? Car la validité scientifique fournit une garantie de fiabilité ! L’assessment représente un coût non négligeable pour une entreprise. Pour nombre d’entre elles, il est inenvisageable de déployer un tel outil sans avoir au préalable certaines garanties. Notamment le fait que l’outil mesure bien ce qu’il est censé mesurer et soit déployable à grande échelle. On s’assurera par exemple qu’un questionnaire évaluant les compétences en management mesure bien lesdites compétences, et non le caractère sociable de l’individu. On s’assurera également que les résultats de l’évaluation ne dépendent pas de caractéristiques individuelles telles que le genre, l’âge ou le poste occupé.


En bref, la validité scientifique constitue la garantie la plus fiable pour un outil d’évaluation, et ça, les entreprises semblent l’avoir bien compris.


Validité scientifique : de l’argument de vente au processus de test


L’argument de la validité scientifique n’a d’ailleurs pas échappé aux développeurs de solutions d’assessment, de plus en plus nombreux à mettre en avant la fiabilité de leur outil.


Cette considération grandissante pour le processus de validation scientifique me réjouit, car j’y vois vraiment une avancée en matière de fiabilité des tests et de collaboration entre recherche et terrain. Mais comme souvent, l’avancée est à double tranchant. La bonne qualité des outils réellement validés se trouvant parfois noyée au sein des considérations marketing.


Je me dois de rappeler ici que la validation scientifique d’un outil est bien loin d’être (uniquement) une formule ou un argument de vente. C’est avant tout un processus cadré et, il faut bien le dire, plutôt coûteux, qui nécessite de véritables connaissances à la fois des méthodes psychométriques, mais aussi de la théorie générale du comportement humain.


Le processus de validation scientifique démarre en fait … bien avant la création de l’outil. Eh oui, un outil scientifiquement valide, c’est avant tout un outil qui a été construit sur la base des connaissances scientifiques à un instant T. C’est une construction des questions qui permet de déjouer au maximum l’ensemble des biais cognitifs et sociaux intervenant dans le processus de réponse (merci la désirabilité sociale !). Ce sont des analyses statistiques précises et poussées qui permettent de s’assurer de la fiabilité de l’outil dans le temps, dans différents secteurs, chez différentes personnes, mais aussi de confirmer sa pertinence au regard des outils existants.


En bref, la validation scientifique, ce n’est pas un argument qu’on met en avant pour vendre. Le processus est bien trop coûteux pour cela, soyons honnêtes. C’est avant tout faire le choix de la qualité. C’est proposer aux entreprises un outil durable sur lequel elles pourront baser de manière fiable leurs politiques de gestion des RH. C’est s’inscrire dans une approche des pratiques RH qui s’éloignent des tendances et se rapprochent des connaissances.


Et le succès viendra de lui-même !

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