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Un cadre théorique, c’est pratique !

7 raisons de baser sa pratique sur un état de l’art actualisé


Que vous soyez professionnel.le de l’accompagnement, membre d’un cabinet de conseil ou simplement concerné.e de près ou de loin par les enjeux de santé psychologique, sans doute avez-vous l’habitude de travailler en lien avec des théories de référence qui servent d’appui à votre pratique. Travailler dans le cadre d’un état de l’art suppose de réaliser des exercices parfois fastidieux de remise en question et d’actualisation du savoir. Mais le jeu en vaut réellement la chandelle.



Pourquoi baser ses interventions et accompagnements sur un état de l’art actualisé en sciences sociales ? Voici notre réponse en 7 points clés :

  1. Se démarquer par son sens de l’anticipation. Lire les comptes rendus de recherches ou d’études récentes offre la possibilité d'anticiper les besoins à venir et les pratiques de demain. Les pratiques les plus utilisées à un instant T sont bien souvent dérivées de recherches ayant été conduites il y a quelques années, et ayant ensuite fait leur chemin jusqu’au champ de l’application. Aller chercher les informations directement “à la source” permet de garder un temps d’avance vis-à-vis des tendances !

  2. Rester à la pointe des connaissances en matière de comportement humain. Actualiser le cadre théorique qui jalonne sa pratique est nécessaire pour suivre les évolutions constantes de la recherche. De nombreuses théories fondamentales utilisées dans le cadre de l’accompagnement sont issues de recherches datant de plusieurs décennies. Cependant, l’ancienneté ne fait pas toujours la solidité. Les pratiques et méthodologies de recherche ont en effet beaucoup évolué ces dernières années, permettant aux chercheurs de mieux cerner les critères maximisant la fiabilité des résultats. Gardons également en mémoire que le propre d’une théorie est d’être réfutable, et donc de pouvoir être infirmée à tout moment. Se baser sur un cadre théorique solide ne dispense donc pas d’actualiser régulièrement son savoir afin de se tenir informé des nouvelles découvertes.

  3. Mettre en place un accompagnement efficace. Les méthodologies scientifiques empiriques sont spécialement conçues pour étudier la variation de caractéristiques spécifiques d’un environnement, afin d’en isoler l’effet sur les caractères cibles. Autrement dit, la validation scientifique d’une méthodologie, d’une intervention ou même d’un outil permet un degré satisfaisant de certitude quant à leur efficacité. L’étude théorique de son objet d’intervention permet également d’identifier les leviers à activer dans le cadre d’un accompagnement avec, là encore, un degré important de certitude (important, mais jamais total, car la science est et doit rester falsifiable).

  4. Limiter l’influence des biais cognitifs sur notre jugement. Se référer à des connaissances objectives du comportement et de la cognition humaine aide à se détacher des connaissances intuitives qui peuvent biaiser notre jugement. Nous avons toutes et tous une vision légèrement déformée du monde, qui s’est forgée au fil de nos expériences et de notre vie. Cela se manifeste par des phénomènes classiques tels que les stéréotypes, les idées reçues, les a priori et les préjugés. Même les plus aguerris des praticiens et des théoriciens y sont sujets. Or, ces légères déformations peuvent peser lourd dans nos jugements, y compris en situation d’accompagnement. La méthodologie scientifique permet justement d’étudier les phénomènes humains en limitant au maximum l’influence de ces biais, offrant un point de vue au plus proche de l’objectivité.

  5. Se détacher de l’actualité immédiate. Lorsqu'il s’agit de problématiques et d’enjeux d’actualité, tel que la crise sanitaire du COVID-19, notre vécu individuel de la situation peut, au même titre que les biais cognitifs, avoir un impact sur notre pratique. Consulter le savoir scientifique permet ainsi de s’affranchir de son vécu et de ses opinions personnelles, ainsi que des émotions qui y sont associées. Si les recherches sont généralement en décalage avec l’actualité (car la recherche de qualité prend du temps, ne l’oublions pas), certaines ont pu être réalisées sur des situations comparables. Il est également possible de consulter des interviews et billets de chercheurs spécialistes des situations en question pour bénéficier d’analyses éclairées sur cette actualité.

  6. Maintenir une posture d’humilité. La posture d’expert nécessite souvent d’afficher un certain degré de certitude au regard de ses connaissances, afin d’être perçu comme crédible par ses interlocuteurs. Toutefois, la posture d’accompagnement demande, au contraire, de conserver une certaine humilité vis-à-vis de son sujet et de se donner constamment la possibilité d’être étonnée. Remettre en question le cadre de sa pratique de manière régulière offre une opportunité de conserver cette forme de doute nécessaire à l’accompagnement humain. Cela entraîne à ne rien prendre pour acquis et à se remettre en question intellectuellement et dans sa pratique.

  7. Tester l’efficacité de ses interventions. Ancrer ses interventions sur des connaissances et un cadre spécifique amène à introduire une forme de systématisation dans sa pratique. Se référer aux connaissances en sciences comportementales suppose en effet une certaine rigueur dans sa pratique. Questionnaire, guide d’entretien, protocoles d’intervention sont autant d’outils issus des recherches qui permettent d’introduire une certaine rigueur dans sa pratique, permettant in fine d’en évaluer (relativement) l’efficacité.


En résumé, si fastidieux que soit l’exercice d’actualisation régulière des connaissances, il s’agit également d’un formidable outil de perfectionnement de sa pratique au service de l’accompagnement humain !


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